1977 - ZOLTAN, LE CHIEN SANGLANT DE DRACULA

(Zoltan, Hound of Dracula) 
de Albert Band (USA)
avec Reggie Nalder, Michael Pataki, Jose Ferrer, Jan Shutan, Libby Chase, John Levin, Cleo Harrington, Tom Gerrard 

Albert Band est le père de l’entreprenant Charles Band (créateur des prolifiques compagnies de production Empire, Full Moon et Moonbeam) et du compositeur Richard Band (Re-Animator, Puppet Master). Producteur lui-même depuis le début des années 50, il réalisa en 1977 cet improbable Zoltan dont le postulat laisse rêveur. Alors qu’ils effectuent plusieurs tests d’explosifs en Roumanie, des militaires russes mettent à jour le caveau de la famille Dracula. En attendant de pouvoir dépêcher un archéologue sur place, on poste un garde, qui a la mauvaise idée d’ouvrir un des cercueils et d’enlever le pieu fiché dans le cœur de la dépouille. 

Aussitôt s’éveille Zoltan, un chien aux crocs acérés et aux canines proéminentes qui gratifie le curieux d’une belle morsure puis libère son maître Veidt Smith (Reggie Nalder, qui promena son physique inquiétant dans L’Homme qui en Savait Trop d’Alfred Hitchcock, version 1956). Le visage exagérément émacié, la peau fripée et le regard exorbité, celui-ci, ancien serviteur du comte Dracula, se promène en corbillard, transporte Zoltan dans une caisse et lui donne des ordres par télépathie. Tous deux se rendent ainsi à Los Angeles en quête de Michael Drake (Michael Pataki, qui incarna la même année le capitaine Barbera dans le calamiteux Homme-Araignée), dernier descendant de la famille Dracula non encore converti au vampirisme. Or Michael est parti camper avec sa femme, ses deux enfants et ses chiens. Tandis que l’inspecteur Franco (José Ferrer), Van Helsing du pauvre, voyage jusqu’en Californie pour mener l’enquête, Zoltan commence à se mettre quelques confrères canins sous la dent. 

Le concept du film est déjà assez grotesque en soi, mais le traitement ne fait rien pour élever le niveau. Tout dans le film sonne faux, notamment les costumes des militaires (impeccablement repassés) et ceux des villageois, qu’on croirait échappés d’un pot de yaourt La Laitière. La musique assez catastrophique est digne d’un supermarché, les combats entre les hommes et les chiens vampires (qui poussent des cris mêlant joyeusement aboiements canins, feulements de fauves et hurlements de chimpanzés) sont souvent ridicules, les dialogues sont gentiment risibles, tout comme les scènes de flash-back (en particulier celles de Zoltan se souvenant avoir été mordu par Dracula changé en chauve-souris). 

Il y a bien quelques tentatives d’humour dans le métrage, comme lorsque Michael affirme qu’il pourrait amasser pas mal d’argent en intentant des procès à tous ceux qui ont fait des films sur la famille Dracula sans lui en demander l’autorisation. Mais les meilleurs moments comiques sont involontaires, comme lorsque Franco arpente la campagne, des pieux à la main, en quête de vampires à empaler. Il faut reconnaître que quelques scènes efficaces se détachent du lot, comme l’assaut nocturne des héros enfermés dans un chalet par les canidés assoiffés de sang, mais elles ne sont guère légion. Quant au final, il sacrifie au cliché éculé du faux happy end. Pour l'anecdote, les maquillages spéciaux sont l’œuvre d’un Stan Winston alors débutant.

© Gilles Penso