1977 - LE MONSTRE QUI VIENT DE L'ESPACE


 

(The Incredible Melting Man)
de William Sachs (USA)
avec Alex Rebar, Burr de Benning, Myron Healey, Michael Aldredge, Ann Swenny 

Le titre original du Monstre qui vient de l’Espace évoque celui de L'homme qui rétrécit et son scénario semble calqué sur celui du Monstre de Val Guest. On peut donc appréhender ce film comme un hommage aux classiques de la science-fiction des années 50, le gore en plus. La mission Scorpio 5, envoyée dans l’espace autour de Saturne, se termine de manière catastrophique. Trois astronautes n’y survivent pas et le troisième, Steve West (Alex Rebar), a été contaminé par les rayons radioactifs émis par la planète à l’anneau.

Allongé dans un lit d’hôpital et couvert de bandages, il s’éveille pour découvrir que sa peau est en train de se décoller. L’infirmière bien en chair censée s’occuper de lui s’avère fort émotive car à sa vue, elle s’enfuit en hurlant, court au ralenti dans un grand couloir désert puis traverse une vitre sans que cela ne stoppe sa course ! Lorsque les médecins retrouvent le corps de la malheureuse, c’est avec le visage à moitié dévoré. Notre astronaute en pleine mutation s’en prend ensuite à un pêcheur dont il jette la tête coupée dans une rivière. La caméra s’attarde alors bizarrement sur le parcours de cette tête au fil de l’eau, jusque dans une petite cascade où elle atterrit ensanglantée. Non loin, des enfants jouent à cache-cache, et une petite fille tombe bientôt nez à nez avec le monstre.

Dégoulinant à souhaits, il perd un œil et révèle, sous une couche de chairs décomposées, la structure de son crâne. Terrifiée – qui ne le serait pas ? -, la fillette court jusqu’à sa mère en criant qu’elle a rencontré Frankenstein dans les bois, en un hommage appuyé à James Whale. Parti à sa recherche, l’éminent docteur Nelson arpente alors les bois, équipé d’un compteur Geiger, tandis que la musique se met à copier ouvertement celle des Dents de la Mer. Nous avons bientôt droit à l’incontournable fille aux seins nus qui hurle (un photographe essaie de l’obliger à se déshabiller jusqu’à ce qu’elle tombe sur le corps décapité du pêcheur). Le monstre, lui, déambule au soleil couchant en se remémorant sa mission en voix-off. Au fil de ses forfaits anthropophages, Steve finit par ressembler à un squelette recouvert de gelée, le jeune maquilleur Rick Baker s’en donnant à cœur joie tandis que le docteur Nelson lâche avec un sérieux papal : « plus il fond, plus il semble devenir fort ».

Insensible aux balles, en décomposition de plus en plus avancée, il semble annoncer les zombies des films italiens, jusque dans cette course-poursuite nocturne dans une usine digne du Virus Cannibale de Bruno Mattei. Le réalisateur William Sachs rythme bizarrement ses séquences, laissant par exemple sa caméra tourner en plan fixe, alors qu’une comédienne, en roue libre, joue une crise d’hystérie après avoir tranché à coup de hachoir la main du monstre. Ce dernier finira sous forme d’un blob, son œil grand ouvert disparaissant sous un amas de gelée rouge, avant d’être réduit à l’état de flaque nettoyée par un homme d’entretien, tandis qu’en voix-off on s’extasie sur les missions spatiales de la NASA ! Ce goût apparent pour la dérision et le pastiche, ici à peine amorcé, s’épanouira dans le film suivant de William Sachs, Galaxina, une parodie maladroite mais plutôt attachante.

© Gilles Penso
Thema: Mutations

BONUS : "L'incroyable homme qui fond" !