1986 - HITCHER


 
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(The Hitcher)
de Robert Harmon (USA)
avec Rutger Hauer, C. Thomas Howell, Jennifer Jason Leigh, Jeffrey DeMunn, John M. Jackson, Billy Green Bush, Jack Thibeau 

Hitcher repose sur un scénario d'Eric Red, futur auteur du mémorable Aux frontières de l'aube de Kathryn Bigelow. Atemporelle, universelle, cette fable cruelle n’est pas sans évoquer le Duel de Steven Spielberg, à la différence près que cette fois-ci, le machiavélique tueur des routes a un visage. Le protagoniste de Hitcher est Jim Halsey (C. Thomas Howell, que les amateurs de comédie ont pu apprécier dans l’excellent Soul Man de Steve Miner). Ce jeune homme accepte de convoyer une voiture à travers les Etats-Unis pour s'éviter des frais de voyage onéreux. Par une nuit pluvieuse il prend en auto-stop Ryder (Rutger Hauer), un personnage étrange et inquiétant. Jim comprend très rapidement qu'il a affaire à un tueur psychopathe et réussit à se débarrasser de son dangereux compagnon de route. 

Dès lors, une course poursuite commence entre Ryder et sa proie, qui endosse malgré elle les meurtres de son poursuivant. Injustement accusé de plusieurs homicides sanglants, Jim est bientôt poursuivi par la police et ne trouve personne à qui se confier, sauf peut être Nash (Jennifer Jason Leigh), une serveuse qu'il est forcé de prendre en otage... La force de Hitcher réside non seulement dans son excellent concept digne d’une légende urbaine – l’auto-stoppeur assassin qui multiplie les victimes sur la route – mais aussi dans son casting en béton armé. C. Thomas Howell et Jennifer Jason Leigh y crèvent l’écran dans la peau du jeune couple persécuté par le tueur au grand manteau, au fusil à pompe et au regard froid comme l’acier. 

Quant à Rutger Hauer, il trouve là l’un de ses rôles les plus fascinants, au sein d’une période qui lui fut ô combien propice (La Chair et le Sang, Blade Runner, Ladyhawke, excusez du peu !). Un sous-texte homosexuel manifeste s’immisce sourdement dans la relation établie de force entre l’auto-stoppeur et sa proie, la présence de Nash (finalement plus masculine que Halsey) faisant visiblement obstacle au « couple ». Et lorsque notre infortuné héros l'interroge sur ses intentions, le diabolique Ryder répond inlassablement : « arrête moi ». Autrement dit : « fais le premier pas ». Même si le « viol » demeure principalement psychologique, les métaphores ne manquent pas, notamment le couteau à cran d’arrêt que le psychopathe place entre les jambes de son otage pour l’inciter à filer doux. 

A cheval entre le slasher, le thriller et le road movie, Hitcher est donc une œuvre choc, plusieurs fois primée au Festival du Film Policier de Cognac en 1986. Si Jennifer Jason Leigh a su depuis rebondir avec le talent qu’on sait (Short Cuts, Le Grand Saut, Dolores Claiborne), ses deux partenaires masculins ont hélas connu une seconde partie de carrière bien moins glorieuse, errant de série B en série Z sans espoir de rédemption. Le réalisateur Robert Harmon lui-même essaya en vain de réitérer son exploit avec Cavale sans issue et Highwaymen, avant de se réfugier sur le petit écran. Reste le film, objet de culte pour tous les amateurs d’action et d’épouvante, œuvre unique en son genre qui n’a pas pris une ride et aurait même plutôt tendance à se bonifier avec l’âge.

© Gilles Penso
  Thema: TUEURS

BONUS : Le réalisateur Robert Harmon et Rutger Hauer