2011 - SECTOR 7

(7 Gwanggu)
de Ji-hoon Kim (Corée)
avec Ji-won Ha, Sung-kee Ahn, Ji-ho Oh, Ae-ryeon Cha, Ye-ryeon Cha, Han-wi Lee, Cheol-min Park, Sae Byeok Song
 
Grâce à ses effets spéciaux haut de gamme et son sens du spectaculaire, The Last Day avait fait son petit effet en 2009, surfant allègrement sur le tsunami du 2012 de Roland Emmerich. Les producteurs et le réalisateur de ce fleuron du cinéma catastrophe asiatique nous transportent cette fois-ci sur la plate-forme pétrolière off shore Eclipse, perdue au beau milieu d’un océan sauvage et déchainé. Après de nombreux forages éprouvants, l’équipe à bord doit se rendre à l’évidence : le pétrole refuse de jaillir. Prêts à baisser les bras, les vaillants techniciens tentent une dernière percée à près de deux mille mètres de profondeur. L’or noir continue à jouer l’arlésienne, mais ils semblent avoir réveillé une chose inconnue qui, peu à peu, se met à décimer leurs rangs…
 
La double influence d’Alien et d’Abyss est manifeste dès les premières minutes du métrage, preuve que Ji-hoon Kim continue à se laisser porter par les grands succès américains pour nourrir son propre cinéma. Les bathyscaphes en pleine exploration abyssale et la présence d’une entité hostile dans les coursives du site industriel évoquent donc les univers de James Cameron et Ridley Scott, mais le réalisateur parvient à exprimer sa propre personnalité et surtout ses propres effets de style. Motivé par ses trucages numériques dernier cri et par l’exploitation de son film en relief, il multiplie ainsi les mouvements de caméra vertigineux, visualisant sous toutes ses coutures la plateforme au milieu de vagues en furie, démarrant ses travellings sur des gros plans pour élever ensuite sa caméra plusieurs centaines de mètres dans les airs.
 
La finesse n’est pas vraiment de mise, d’autant que la bande originale, calquée sur les travaux d’Hans Zimmer et de ses disciples, martèle lourdement l’action. Mais Sector 7 se laisse voir sans déplaisir, s’appuyant sur des décors très photogéniques et une mise en scène particulièrement soignée. Lorsque l’intrus révèle enfin sa véritable nature, le film assume alors son statut de monster movie et l’amateur est aux anges. Car la créature sait soigner chacune de ses apparitions, rampant et rugissant avec beaucoup de panache. La mâchoire carnassière, l’échine hérissée de tentacules, la peau gélatineuse, la bête s’avère difficile à décrire, se situant quelque part à mi chemin entre la chenille, la méduse et le dinosaure. Une langue extensible et des pattes de morse parachèvent sa morphologie composite.
 
Les pauvres humains mués malgré eux en garde-manger comprennent qu’ils ont affaire là au fruit d’une expérience ayant mal tourné. Car vingt ans plus tôt, les scientifiques de la plateforme découvrirent une forme de vie étrange capable de s’enflammer et de produire une combustion permanente. Fascinés par cette nouvelle source d’énergie susceptible à terme de remplacer le pétrole, ils accélérèrent la croissance d’un des spécimens pour gagner en productivité. Et voilà le travail ! Superbe création numérique, le monstre, en perpétuelle mutation, semble invincible, et nous offre des séquences d’affrontement homérique, qui méritent à elles seules le visionnage de ce film généreux et décomplexé, s’achevant sur un épilogue aquatique étonnamment émouvant.
 
© Gilles Penso
Thema: Monstres marins