2011 - DYLAN DOG

de Kevin Munroe (Etats-Unis)
Avec Brandon Routh, Anita Briem, Sam Huntington, Taye Diggs, Kurt Angle, Peter Stormare 
 
Dylan Dog est le héros d’une bande dessinée mythique créée en 1986 par Tiziano Sclavi. Source d’inspiration majeure du cultissime Dellamorte Dellamore de Michele Soavi, ce comic book italien n’avait encore connu aucune adaptation cinématographique officielle, jusqu’à ce que Kevin Munroe ne s’en empare. Et c’est Brandon Routh, ex-justicier en collants bleus de Superman Returns, qui endosse le costume sombre et la chemise rouge de ce gardien des forces obscures.

L’intrigue se situe au cœur de la Nouvelle Orléans. La population ignore qu’elle côtoie quotidiennement des vampires, des loups-garous, des goules et des zombies. Jadis, le mortel Dylan Dog s’efforçait de maintenir l’équilibre entre les communautés, évitant tout incident susceptible de provoquer une guerre des clans. Le trépas soudain de sa fiancée marqua la fin de ses activités occultes. Le voilà reconverti en détective privé classique spécialisé dans la chasse aux maris infidèles. Mais lorsque son meilleur ami est sauvagement assassiné par un loup-garou, notre héros décide de reprendre du service.

Impeccable dans le rôle titre, Brandon Routh s’efforce d’amorcer en douceur sa reconversion post-Superman, au sein d’un film troquant la noirceur de son propos contre un second degré quasi-permanent. Les chefs de clans des lycanthropes et des vampires sont respectivement incarnés par Peter Stormare et Taye Diggs. Si la rivalité séculaire qui oppose les deux races obéit à un principe classique, la réinsertion de ces créatures dans un cadre urbain participe de l’originalité de Dylan Dog. Ainsi les loups-garous s’apparentent-ils à une famille mafieuse reconvertie dans la boucherie en gros, tandis que les suceurs de sang fonctionnent selon la hiérarchie d’un gang moderne. Assumant son statut semi-parodique, le long-métrage de Kevin Munroe regorge d’idées folles, comme le cercle des zombies anonymes qui se réunit pour échanger sur les problèmes quotidiens engendrés par la difficile condition de cadavre ambulant, ou encore le magasin de pièces détachées qui propose aux morts-vivants des membres de rechange en provenance des morgues voisines.

Bientôt, toutes les convoitises convergent vers « le cœur de Bélial », un artefact antique en forme de croix qui contiendrait du sang ayant appartenu au vénérable démon. D’où l’apparition en fin de métrage d’une superbe bête possédant tous les attributs démoniaques : un faciès hideux et grimaçant, un front cornu, des griffes acérées et de gigantesques ailes membraneuses. Le film regorge d’ailleurs de créatures héritées du patrimoine classique du genre : vampires, loups-garous, goules, zombies. Le plus marquant d’entre eux est probablement ce mort-vivant massif comme un catcheur et arborant une abominable figure bestiale aux dents proéminentes. Ce festival de monstres ne bénéficie malheureusement pas d’un scénario très passionnant, d’autant que le héros s’y promène avec une désinvolture qu’il finit par communiquer au spectateur. Dylan Dog ne marquera donc pas durablement les mémoires, mais le spectacle y est rafraîchissant et l’on ne s’y ennuie pas l’ombre d’une seconde.

© Gilles Penso