2008 - VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE 3D

(Journey to the Center of the Earth 3D)
d’Eric Brevig (Etats-Unis)
avec Brendan Fraser, Josh Hutcherson, Anita Briem


Ce Voyage au Centre de la Terre est à la fois une adaptation modernisée du roman homonyme et une variante sur ses thématiques, dans la mesure où ici les protagonistes s’enfoncent dans les entrailles de notre planète en utilisant le classique de Jules Verne comme un guide cartographique. Trevor, le géologue incarné par Brendan Fraser, ne s’est toujours pas remis de la disparition de son frère Max au cours d’une expédition scientifique en Islande. En découvrant dans les affaires de ce dernier un exemplaire du « Voyage au Centre de la Terre » rempli d’annotations, d’indications géographiques et de calculs, Trevor en tire une conclusion surprenante : son frère a suivi à la lettre les descriptions du livre et s’est enfoncé au cœur de notre planète. Alors qu’il s’apprête à mettre en place une nouvelle expédition, notre savant se souvient qu’il a promis de garder son neveu Sean pendant une semaine. Il l’embarque donc avec lui jusqu’en Islande, où la jolie Hannah accepte de leur servir de guide.

Dès lors, des dangers inimaginables et des paysages incroyables parsèment leur périple, jusqu’à ce qu’ils atteignent le centre de la terre et y découvrent des formes de vies antédiluviennes qu’ils pensaient éteintes depuis des millions d’années. Sans compter ces formations rocheuses versatiles qui menacent de s’écrouler à tout moment et cette lave incandescente dont la température ne cesse d’augmenter… Conçu pour être projeté en relief dans certaines salles de cinéma et réalisé par un ancien ténor des effets spéciaux visuels, Voyage au Centre de la Terre assume pleinement son statut d’attraction digne d’un parc à thème. Une fois ce postulat accepté, on passe outre les clichés qui parsèment le récit et la caractérisation rachitique des personnages pour profiter pleinement du spectacle.

Dans ce domaine, Eric Brevig ne nous prive d’aucune sensation forte, depuis la folle course des wagonnets dans la mine désaffectée (clin d’œil à Indiana Jones et le Temple Maudit) jusqu’au surgissement des poissons volants et des plésiosaures dans l’océan intérieur, en passant par l’intervention d’une monstrueuse plante carnivore, une chute dans le vide interminable digne d’ « Alice au Pays des Merveilles » et l’attaque d’un impressionnant gigantosaure. « A l’origine, je voulais en faire un dinosaure albinos », raconte Eric Brevig. « Nous avons fait des essais, et le résultat ne nous a pas du tout convaincus : on aurait dit une image de synthèse en cours de finition. Alors nous sommes revenus à une pigmentation plus classique, et nous l’avons recouvert de poussière pour évoquer son environnement rocheux.» (1)

La beauté des décors (reconstitués pour la plupart en studio à Montréal), la maîtrise des effets spéciaux numériques et l’efficacité des séquences de suspense vertigineuses s’apprécient sans modération. Certes, c’est un plaisir un peu « coupable », parce qu’on sait bien que tout ça ne vole pas très haut, que la caricature n’est jamais loin, que les bons sentiments dégoulinent sans retenue et que le happy end frôle dangereusement la niaiserie. Mais un bon « pop corn movie » sans prétention, ça ne peut pas faire de mal. Voyage au Centre de la Terre se déguste donc en famille, comme un tour de manège à Disneyland.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en juin 2008
© Gilles Penso
Thema: DINOSAURES, Monstres Marins, VÉGÉTAUX