2008 - SUPER-HEROS MOVIE

(Superheo Movie)
de Craig Mazin (Etats-Unis)
avec Drake Bell, Sara Paxton, Christopher McDonald, Leslie Nielsen, Marion Ross, Pamela Anderson, Regina Hall


Si plusieurs films se sont efforcés de passer à la moulinette le thème universel des super-héros, (la série des Toxic Avengers, Meteor Man, Mystery Men), aucun n’avait encore tiré parti de l’extrême regain de popularité de ce sous-genre de la science-fiction provoqué par les sagas X-Men et Spider-Man. Fort de son expérience indiscutable dans le domaine de la parodie (Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion, Top Secret, Y’a-t-il un Flic pour sauver la Reine), David Zucker s’est efforcé de combler cette lacune en produisant Super-Héros Movie et en sollicitant Craig Mazin (auteur de Scary Movie 3 et 4) pour l’écrire et le réaliser. Le résultat laisse pantois et confirme une équation mathématique imparable : sans ses comparses Jerry Zucker et Jim Abrams, David Zucker n’est qu’à un dixième de son potentiel, tant notre homme s’avère incapable de mettre sur pied un pastiche digne de ce nom.

Les clins d’œil cinéphiliques, le rythme enlevé, les répliques hilarantes et les arrière-plans surréalistes qui nous faisaient hurler de rire dans Airplane et Top Secret se sont bel et bien évaporés ici. Suivant servilement l’exemple de Scary Movie, Super-Héros Movie se contente donc de photocopier scène par scène le scénario du premier Spider-Man, cherchant maladroitement à tirer parti du potentiel comique de toutes les situations jadis mises en scènes par Sam Raimi, et se complaît dans un humour graveleux digne des petites sections de maternelle : flatulences à répétition, jets d’urine, crottes d’animaux, tout y passe ! Peter Parker s’appelle ici Rick Riker, Mary-Jane Watson est devenue Jill Johnson, l’araignée est remplacée par une libellule… Voilà pour les nouveautés.

Quant au super-vilain, il s’agit d’un savant fou mixant vaguement les personnalités du Bouffon Vert et du Docteur Octopus et répondant au nom de Sablier. Chaque fois qu’il touche un être humain, celui-ci vieillit à vitesse grand V. L’ennemi semble donc redoutable, mais étant donné que le script n’en tire aucun parti, le spectateur a tôt fait de se désintéresser du sort des personnages. Car la grande force des parodies du trio ZAZ était de construire de toutes pièces des intrigues originales, au sein desquelles s’inséraient les références aux autres films, et d’inciter le public à s’inquiéter pour les héros. Entre deux éclats de rire, nous voulions que Robert Hays et Julie Hagerty parviennent à faire atterrir leur avion sans encombre, que Val Kilmer échappe à ses poursuivants est-allemands…

Rien de tel ici, d’autant que Drake Bell,le comédien principal, ne dégage ni charme ni charisme. En guest-star, on retrouve l’indéboulonnable Leslie Nielsen en émule de l’oncle Ben, ainsi que Pamela Anderson en femme invisible (dont l’uniforme des Quatre Fantastiques a bien du mal à contenir son imposant poitrail) et Regina Hall en femme du Docteur Xavier (le temps d’un clin d’œil appuyé aux X-Men). Seul l’étonnant Miles Fisher parvient à déclencher nos zygomatiques. Il faut dire que son imitation de Tom Cruise est franchement irrésistible. Les amateurs peuvent d’ailleurs largement en profiter au cours du générique de fin qui accumule bon nombre de gags coupés au montage.


© Gilles Penso  
Thema: SUPER-HÉROS, INSECTES ET INVERTÉBRÉS