2008 - IRON MAN

de Jon Favreau (Etats-Unis)
Avec Robert Downey Jr, Terence Howard, Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges, Shaun Toub, Samuel L. Jackson, Leslie Bibb

 
Iron Man est le premier film produit de manière autonome par Marvel Studios. Fidèle au récit imaginé en 1963 par Stan Lee, Larry Lieber, Don Heck et Jack Kirby, le scénario (signé par les auteurs de l’excellent Les Fils de l’Homme) nous familiarise avec Tony Stark (Robert Downey Jr), un industriel génial et excentrique. L’empire qu’il a bâti brasse des millions grâce aux armes sophistiquées dont il est l’inventeur et le fournisseur. Mais lors de la démonstration d’un nouveau type de missile en Afghanistan, il tombe dans un traquenard et échappe de peu à la mort suite à l’explosion d’une de ses propres mines.

Prisonnier d’un groupuscule rebelle, il ne doit sa survie qu’à une opération du cœur de fortune effectuée par son compagnon de geôle. Ses ravisseurs exigent la fabrication d’un exemplaire de son missile dernier cri. Stark construit alors en secret une armure volante ultra-sophistiquée qui lui permet de s’évader. De retour aux Etats-Unis, il décide d’abandonner la vente d’armes et de perfectionner son armure pour défendre des valeurs qui, jusqu’alors, lui étaient totalement étrangères. Mais son associé Obadiah Stane (Jeff Bridges) ne l’entend pas de cette oreille…

Iron Man est avant tout le récit d’une prise de conscience, « l’histoire d’un homme qui découvre son cœur » pour reprendre les termes du scénariste Mark Fergus. En ce sens, le revirement de Tony Stark est exemplaire. Imbu de lui-même, cynique et arrogant, c’est un parfait émule du Nicolas Cage de Lord of War. Les choses changent lorsqu’il devient sa propre victime. C’est une mine de Stark International qui le frappe, une milice attirée par ses inventions qui le kidnappe et, au final, un monstre dont il est le créateur qui l’attaque. Sans perdre son ironie et sa gouaille, l’homme va s’affaiblir, s’humaniser et forger à la sueur de son front le super-héros qu’il a décidé de devenir. Il n’est sans doute pas exagéré d’attribuer 50% de la réussite d’Iron Man à son interprète principal. Car Robert Downey Jr porte littéralement le film sur ses épaules, nous offrant une interprétation tout bonnement irrésistible. A ses côtés, Gwyneth Paltrow campe une assistante délicieuse et Jeff Bridges un rival impressionnant.

Jon Favreau et ses scénaristes ayant pris le temps nécessaire pour nous familiariser avec les protagonistes et leurs failles, tout est alors en place pour d’ébouriffantes séquences d’effets spéciaux mixant des armures magnifiques conçues par l’atelier de Stan Winston et des images de synthèse d’un effarant réalisme supervisées par John Nelson (Gladiator, I Robot). Trois versions différentes du justicier métallique (de plus en plus aérodynamiques) s’animent sous nos yeux ébahis, ainsi qu’un colossal super-vilain digne de Robocop 2. « Huit sociétés et trois cents personnes on travaillé sur les effets visuels d’Iron Man pendant douze moins ininterrompus », nous raconte John Nelson. « C’était un long voyage, mais je crois que ça en valait la peine ». (1) Certes, quelques scories parsèment le film, notamment des incohérences scénaristiques parfois énormes et une partition sans inspiration signée Ramin Djawadi (Prison Break). Mais Iron Man n’en souffre pas outre mesure, ouvrant plusieurs portes vers une suite que nous attendons déjà avec impatience.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en avril 2008
 
© Gilles Penso
Thema: SUPER-HÉROS

BONUS : Jon Favreau et Iron Monger


BONUS : L'armure originale du premier prototype d'Iron Man, conçue par l'équipe de Stan Winston