jeudi 3 avril 2014

2007 - JE SUIS UNE LEGENDE

(I am Legend)
de Francis Lawrence (Etats-Unis)
avec Will Smith, Alice Braga, Charlie Tahan, Salli Richardson-Whitfield, Willow Smith, Emma Thompson, Dash Mihok


Armé d’un fusil et flanqué d’un berger allemand, Will Smith chasse le cerf dans les rues désertes d’une ville de New York dévastée. C’est cette séquence surréaliste qui ouvre Je suis une Légende, troisième adaptation officielle du roman homonyme de Richard Matheson. La réussite de cette nouvelle version – sans doute la meilleure des trois – est d’autant plus appréciable qu’elle faillit bien ne jamais voir le jour. Au milieu des années 90, c’est Ridley Scott qui envisageait de réaliser le film, avec Arnold Schwarzenegger en vedette (successeur logique du Charlton Heston du Survivant), jusqu’à ce que les proportions pharaoniques du budget ne sabordent le projet. D’autres noms prestigieux circulèrent sur la chaise hypothétique du réalisateur, de Michael Bay à James Cameron en passant par Paul Verhoeven. C’est finalement Francis Lawrence, auteur d’un Constantine pas vraiment folichon, qui hérita du bébé. Et force est de constater que son traitement répond à toutes les attentes.

Convaincue de pouvoir éradiquer le cancer, le docteur Crispin (Emma Thompson) manipule génétiquement le virus de la rougeole. Résultat : un an plus tard, la race humaine a disparu. Tous se sont mués en vampires mutants contaminant ou dévorant inlassablement leurs semblables. Seul Robert Neville (Smith, donc), un scientifique de l’armée, est miraculeusement immunisé contre l’infection. Serait-il le dernier homme sur terre ? Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans l’espoir de trouver d’éventuels autres survivants. Le reste du temps, il remplit ses journées selon un rituel excessivement méthodique, cherche désespérément le moyen d’enrayer le phénomène du virus, et se barricade dans la maison qu’il a investie dès que le jour décline. Car les créatures qui vivent à l’extérieur se réveillent la nuit, mues par un insatiable appétit. Combien de temps lui reste-t-il avant de tomber entre leur griffes ?

Certes, le sujet de Je suis une Légende évoque énormément 28 Jours plus Tard, avec lequel il entretient de nombreux points communs. Mais il faut remettre les choses en perspective : le film de Danny Boyle s’inspirait de La Nuit des Morts-Vivants, Zombie et Le Jour des Morts-Vivants de George Romero, eux-mêmes largement influencés par le roman de Richard Matheson. Le film de Francis Lawrence marque ainsi un naturel retour aux sources, et si les séquences d’attaque des vampires – tous interprétés par des « acteurs » numériques bluffants de réalisme – coupent bien souvent le souffle, le drame humain l’emporte majoritairement sur l’action. Contrairement à I Robot d’Alex Proyas, dans lequel le studio refusait d’assumer l’austérité du personnage incarné par Will Smith en le poussant à lâcher quelques vannes détendues ou pire à faire de la publicité pour une marque de baskets, Je suis une Légende expose pleinement les fêlures de son anti-héros méthodique et dépressif. Lorsque l’humour pointe le bout de son nez, c’est de manière désespérée, comme lorsque Neville récite par cœur les dialogues de Shrek qu’il a bien dû visionner cent fois. Voilà donc une admirable variation sur un thème connu, doublée d’une belle performance d’acteur.
© Gilles Penso
Thema: ZOMBIES, Vampires, Mutants

BONUS : Essai de maquillage de Steve Johnson pour les mutants, 
qui seront finalement réalisés en images de synthèse dans le film


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