2004 - LE FILS DE CHUCKY

(The Seed of Chucky)
de Don Mancini (USA)
avec Jennifer Tilly, Brad Dourif, Billy Boyd, Redman, Hannah Spearritt, John Waters, Keith-Lee Castle, Jason Flemyng
 
Comme David S. Goyer sur Blade Trinity, Don Mancini, scénariste de  Jeu d’Enfant et de ses trois séquelles, a décidé de passer lui-même à la mise en scène à l’occasion des cinquièmes aventures de la poupée Chucky. L’écart relativement long qui sépare cet épisode du précédent (six ans) s’explique par l’indécision d’Universal vis-à-vis du script de Mancini, ce qui se comprend aisément face au résultat final. Comme le laissait imaginer la fin de La Fiancée de Chucky, l’assassin en plastique et sa petite amie Tiffany ont engendré une hideuse progéniture, ce que nous rappelle un générique en 3D de bas étage révélant le fœtus en question.
 
Après une scène prologue en caméra subjective qui rend un hommage manifeste à Halloween et Psychose, nous faisons donc connaissance avec le fameux fils de Chucky. Aussi disgracieux que ses parents (mais ne bénéficiant pas d’un design aussi réussi), il répond au doux nom de « Shit Face » et sévit chez un ventriloque minable, qui ne semble pas du tout étonné d’avoir sous la main une poupée vivante ! En proie à une grave crise d’identité, le poupon découvre un jour qu’Hollywood s’apprête à tourner un film sur les exploits de deux poupées tueuses, Chucky et Tiffany. Reconnaissant là ses parents, il échappe à son employeur-geôlier et met le cap sur la capitale du cinéma (via un dessin sur une carte et un avion en fondu enchaîné directement inspirés des Aventuriers de l'Arche Perdue).
 
S’infiltrant sur le plateau de tournage, il réveille ses affreux géniteurs grâce à une amulette qu’il porte autour du cou, et s’aperçoit bien vite que sa famille est loin d’être aussi chaleureuse qu’il l’avait imaginé. Tandis que Chucky s’efforce de faire partager à son fils le goût du meurtre, Tiffany décide de se « désintoxiquer » et de rencontrer son idole, l’actrice Jennifer Tilly, afin d’intégrer son corps une bonne fois pour toutes. Le Fils de Chucky joue donc la carte de la mise en abyme, suivant le modèle de Wes Craven et de son Freddy sort de la Nuit. C’est l’occasion de quelques apparitions de guest stars (le réalisateur John Waters dans le rôle d’un paparazzi, le créateur d’effets spéciaux Tony Gardner s’interprétant lui-même, et même un sosie de Britney Spears), de clins d’œils variés à d’autres films (Glen or Glenda d’Ed Wood, Bound des frères Wachowski) et d’une série de gags à l'efficacité toute relative.
 
Car là où  La Fiancée de Chucky réussissait le parfait équilibre entre l’horreur et la comédie, Le Fils de Chucky part dans tous les sens, gorgé d’autosatisfaction et de private jokes guère concluantes. Il faut dire que le scénario du film, absurde et totalement incohérent, ne facilite guère l’adhésion du spectateur. Restent les marionnettes, dont chaque apparition reste un grand moment de bonheur, et les meurtres spectaculaires, mixant très efficacement effets spéciaux de maquillage et trucages numériques, notamment une décapitation vertigineuse et un visage qui se décompose à la vitesse grand V au contact d’une bouteille d’acide. L’épilogue, mal fagoté et tout aussi saugrenu que le reste du métrage, s’ouvre évidemment sur une nouvelle séquelle potentielle. On ne va quand même pas tuer la poupée aux œufs d’or !
 
© Gilles Penso
Thema: JOUETS

BONUS : L'envers du décor