1990 - PREDATOR 2

 

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de Stephen Hopkins (USA)
Avec Danny Glover, Kevin Peter Hall, Gary Busey, Ruben Blades, Maria Conchita Alonso, Bill Paxton, Robert Davi, Adam Baldwin

Remplacer la jungle sud-américaine par celle, urbaine et légèrement futuriste, de Los Angeles, n’est pas une idée plus mauvaise qu’une autre. Substituer à la guérilla une guerre des gangs, ça se tient. Faire succéder au Arnold Schwarzenegger de Commando le Danny Glover de L’Arme Fatale, pourquoi pas ? Mais en ces débuts d’années 90, Stephen Hopkins n’était pas encore le réalisateur émérite de la série 24 heures chrono, et il peine ici à marcher sur les traces de John McTiernan, d’autant que ce Predator 2 a plus les allures d’un remake qu’une véritable séquelle, annihilant du même coup une bonne part de l’effet de surprise initial.

Entre les trafiquants de drogues, les règlements de compte mafieux et les crimes crapuleux en tout genres, le lieutenant Mike Harrigan (Glover) n’a pas une seconde de répit, dans ce Los Angeles de 1997 assez proche du Detroit ultra-violent décrit dans Robocop. Mais lorsque les cadavres mutilés commencent à s’accumuler de manière fort inhabituelle, l’homme se doute qu’il a affaire à un assassin d’un genre nouveau. Il ne croit pas si bien dire, car le voilà bientôt face à un redoutable Predator, de la même espèce que celui qui, jadis, perdit son match au finish contre l’athlétique Arnold. Persuadé d’avoir trouvé un adversaire à sa taille, le monstrueux chasseur extra-terrestre n’aura de cesse, dès lors, de défier Harrigan, dans l’espoir d’ajouter son crâne à sa collection de trophées humains. Mais comment diable un simple mortel peut-il lutter contre une créature capable de se rendre invisible pour frapper au moment où on s’y attend le moins ?

Certes, l’action ne faiblit pas, à grand renfort de coups de feu, d’explosions et de morts violentes. Légèrement différent de celui du film précédent, plus svelte et dynamique, le nouveau Predator (toujours interprété par le colosse Kevin Peter Hall) a ajouté à son habituel arsenal (rayon laser, sabre et javelot) des espèces de projectiles ninja en forme de CD aux impacts fort destructeurs. La créature de Stan Winston tient toujours la route, si l’on excepte quelques gros plans trop prolongés qui révèlent la nature animatronique de son faciès extra-terrestre, et les effets visuels n’ont rien perdu de leur très esthétique étrangeté. Mais l’ensemble manque un peu de vitalité et de souffle épique, d’autant que l’intrigue policière autour de laquelle se structure le scénario n’a rien de particulièrement passionnant.

Une telle débauche de moyens laisse donc un peu froid, malgré une direction artistique soignée dont l’auteur, Lawrence Paull, a tout de même œuvré sur Blade Runner et Brazil. Le final, situé à l’intérieur d’un décor de vaisseau spatial mi-mécanique mi-organique qui évoque Alien et L'Invasion vient de Mars, ne fait hélas qu’amorcer timidement des idées qui, mieux développées, auraient apporté une tout autre dimension à cette série B de luxe. Reste la partition d’Alan Silvestri, plus tribale que jamais, dont les percussions nerveuses dotent certaines séquences d’une sauvagerie fort à propos. Les spectateurs à l’œil attentif remarqueront dans la salle des trophées du Predator une tête d’extra-terrestre fort similaire à celle d’Aliens. Ce clin d’œil deviendra réalité lorsque les deux monstres s’affronteront en bande dessinée, puis dans le très dispensable Alien vs. Predator.



© Gilles Penso
Thema: Extra-Terrestres