1988 - LE CAUCHEMAR DE FREDDY

(A Nightmare on Elm Street 4 : The Dream Master)
de Renny Harlin (Etats-Unis)
avec Robert Englund, Lisa Wilcox, Andras Jones, Danny Hassel, Rodney Eastman, Tuesady Knight, Ken Sagoes
 
Deux ans avant de réaliser 58 Minutes pour Vivre, Renny Harlin contribuait à la saga du tueur au chapeau mou et aux griffes acérées avec Le Cauchemar de Freddy. Le cinéaste finlandais, alors signataire du modeste film d’horreur Prison, marque fortement cet épisode de son influence et de son style. Ainsi Le Cauchemar de Freddy est-il probablement l’opus le plus décontracté et le plus outrancier de la série, à des encablures du concept imaginé originellement par Wes Craven. Ce dernier avait d’ailleurs envisagé dans un premier temps de participer au film, comme pour Freddy 3, en développant l’idée un peu folle de rêves permettant de voyager dans le temps, histoire de varier un peu les plaisirs et de faire évoluer la franchise. Mais le producteur Robert Shaye, prudent, préféra ne pas désarçonner le public acquis à sa cause en lui proposant un scénario plus routinier et moins révolutionnaire.
 
Exit donc Wes Craven et son co-auteur Bruce Wagner, place à un script de Brian Helgeland (futur réalisateur de Payback) et des frères Ken et Jim Wheat (qui allaient plus tard écrire La Mouche 2 et Pitch Black). La jeune Kristen Parker (Tuesady Knight) est persuadée que Freddy Krueger n’a toujours pas été détruit. On ne saurait lui donner tort, et le croquemitaine revient une nouvelle fois d’entre les morts, grâce à l’urine enflammée d’un chien se soulageant sur sa tombe ! La finesse, on peut le constater, n’est pas le maître mot du Cauchemar de Freddy, qui semble vouloir pousser très loin la surenchère, quitte à basculer dans le grotesque dès que l’occasion se présente. Fringuant et jamais avare en calembours bas de gamme, Freddy veut désormais hacher menu Kristen ainsi que les trois derniers enfants d’Elm Street qui ont encore échappé à ses griffes.
 
Kristen trépasse bientôt sous ses assauts oniriques, non sans avoir au préalable transmis ses pouvoirs surnaturels à sa camarade de classe Alice Johnson (Lisa Wilcox). Cette dernière devient alors la cible n°1 de ce bon vieux Freddy… Les idées visuelles ne manquent certes pas, et c’est encore une fois du côté de l’exubérance des rêves qu’il faut chercher l’intérêt du film, du visage pétrifié d’une victime coincée dans un water-bed à l’attaque improbable de carcasses de voitures dans une gigantesque casse automobile en passant par Lisa happée par un écran de cinéma, le visage terrifié au milieu d’une pizza géante dont Freddy se délecte ou encore la jeune fille transformée en insecte.
 
Une véritable armada d’hommes d’effets spéciaux se bouscule d’ailleurs au générique, notamment Kevin Yagher (fidèle à la saga depuis La Revanche de Freddy), Howard Berger (Evil Dead 2), John Buechler (Re-Animator), Screaming Mad George (Society) et Steve Johnson (Les Aventures de Jack Burton). D’où un climax riche en maquillages inventifs et en trucages élaborés au cours duquel Freddy est détruit par toutes les âmes qu’il a corrompues et qui surgissent de son propre corps pour l’entraîner en Enfer. Ce train fantôme décérébré mais sympathique au douzième degré remporta la coquette somme de 49 millions de dollars, soit près de quatre fois sa mise. De nouveaux épisodes étaient donc inévitables…
 
© Gilles Penso
Thema:  Rêves

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