1983 - 2019, APRES LA CHUTE DE NEW YORK

(2019 Dopo la Caduta di New York)
de Sergio Martino (Italie)
avec George Eastman, Valentine Monnier, Anna Kanakis, Michael Sopriw
 
Voilà le mixage parfait entre New York 1997 et Mad Max 2, le mètre étalon de toutes les copies italiennes des deux classiques de John Carpenter et George Miller. Dans le champ de ruines qu’est devenue la ville de New York (reconstituée par l’entremise d’une belle maquette) erre un homme solitaire au long manteau qui joue de la trompette. Le ton est donné. Vingt ans après la guerre atomique, la terre est contaminée et les survivants y errent pathétiquement. Un régime monarchique s’est mis en place (avec des soldats capés de noir, masqués comme des escrimeurs et montés sur de fiers chevaux blancs) et la stérilité généralisée est devenue la principale préoccupation du gouvernement, aucune naissance n’ayant eu lieu depuis des décennies.
 
Des espèces de Guerriers de la Nuit, mercenaires à la solde des vilains, capturent donc des rescapés aux visages plus ou moins ravagés par les radiations pour qu’on pratique sur eux des expériences génétiques. D’où quelques séquences d’action façon Les Guerriers du Bronx avec des assauts au fusil, à l’arbalète et au lance-flammes. Pendant ce temps, dans le désert du Nevada, on organise des courses de voitures customisées, le champion de la discipline étant Parsifal, un sous-Mad Max au regard d’acier. Kidnappé, Parsifal est emmené jusqu’en Alaska où le président des Etats-Unis, présumé mort, a organisé la confédération panaméricaine. « L’ordinateur génétique a révélé qu’une femme non stérile vivait quelque part à New York » révèle-t-il à notre héros. « Nous savons qu’elle est jeune, donc très féconde. Elle peut avoir environ 500 ovulations ».
 
Parsifal a pour mission de la retrouver avant les vils Euraks, puis de la faire quitter la Terre avec sa descendance vers la constellation Alpha du Centaure, pour redonner une chance à l’humanité. Parsifal sera accompagné par deux guerriers, des durs à cuire, l’un avec un crochet à la place de la main, l’autre avec un bandeau sur l’œil. La suite du film enchaîne dès lors les combats moyennement palpitants contre des gangs énervés, des clochards décrépits ou une tribu de mangeurs de rats. Pour égayer un peu le métrage, Sergio Martino ne recule devant aucun effet gore en gros plans (hache dans un crâne, yeux crevés, tête qui explose, eviscération, décapitations), mais c’est surtout la prestation de George Eastman qui vaut le détour. Dans le rôle de Big Ape, il incarne un colosse au visage simiesque et velu, engoncé dans une tenue échappée d’un épisode de Sandokan.
 
Ce barbare vigoureux veut à tout prix mettre la main sur cette hypothétique femme fertile, car il rêve de descendance (quand on voit sa figure hideuse, on aurait pourtant tendance à vouloir l’en dissuader !). Après une poursuite en voiture fort bien troussée, au beau milieu d’un tunnel truffé de pièges, nos héros découvrent enfin l’objet de leur convoitise qui, inconsciente dans son cercueil de verre, évoque irrésistiblement Blanche Neige et la Belle au Bois Dormant. Le final de 2019 prend une tournure franchement captivante, pas très éloigné du dénouement du Choc des Mondes, et le dernier plan (l’éveil en gros plan de la belle endormie) a même quelque chose d’étrangement touchant.
 
© Gilles Penso 
Thema: FUTUR