1978 - LES MONSTRES SONT TOUJOURS VIVANTS

(It Lives Again)
de Larry Cohen (USA)
avec Frederic Forrest, Kathleen Lloyd, John P. Ryan, John Marley, Andrew Duggan, Eddie Constantine, James Dixon, Melissa Inger 
 
Le succès du  Monstre est vivant poussa tout naturellement Larry Cohen à en signer une séquelle, mais pour cet inventif cinéaste, il n’était pas question de se laisser aller à la redite. L’effet de surprise étant passé, l’épouvante cède ici le pas au drame humain. Du coup, si Les Monstres Sont Toujours Vivants ne fait jamais vraiment peur, il développe et enrichit avec beaucoup d’intérêt les thématiques mises en place dans l’épisode précédent. Au moment du prologue, servi par le jeu très convaincant des comédiens, Frank Davis (John Ryan), héros du premier film, met en garde un jeune couple qui attend un enfant, Eugene et Jody Scott (Frederic Forrest et Kathleen Lloyd).
 
Selon lui, ils s’apprêtent à donner naissance à un bébé mutant comme celui qu’il engendra lui-même avec son épouse. Tour à tour incrédules, révoltés, horrifiés et désorientés, les futurs parents ne savent comment accueillir un tel avertissement. Or les dires de Davis s’avèrent fondés. Ce dernier s’est rallié à la cause d’un groupe de scientifiques persuadés qu’il faut sauvegarder ces bébés d’un nouveau genre, qui pourraient bien représenter le prochain stade de l’évolution humaine. Mais le docteur Mallory (John Marley), pour sa part, a des théories plus expéditives. Pour lui, tous ces monstres doivent être exterminés au plus vite. Alors que le couple Scott, guidé par Davis, tente d’échapper aux sbires de Mallory, la jeune femme s’apprête à accoucher de son monstrueux rejeton…
 
Si le maquilleur Rick Baker a sensiblement amélioré ses techniques de création des bébés carnassiers, respectant les indications de Larry Cohen qui les imagine comme un croisement entre un loup et le fœtus de 2001 l'Odysée de l'Espace, ces derniers demeurent toujours discrets à l’image. Leur efficacité en est accrue, d’autant qu’ici ils sont au nombre de trois, deux mâles et une femelle. Plus profond qu’il n’en a l’air, le scénario des Monstres sont Toujours Vivants pose en substance la question de l’anormalité et de la tolérance. La violence des adultes engendre celle des bébés mutants, et l’amour semble bien être l’unique solution. Evidemment, le couple du film finit par se déchirer face à l’annonce d’une naissance monstrueuse, d’autant que la belle-mère n’hésite pas à mettre son grain de sel : « il n’y a jamais eu de problème dans notre famille, ça doit venir de lui ! »
 
La discorde qui divise la fille et sa mère trouve bientôt écho dans le conflit opposant la jeune maman et son bébé difforme. Le choc des générations est donc également au cœur du récit. Pour étayer son propos, Larry Cohen accumule les images insolites, comme la salle d’accouchement envahie par des policiers, l’obstétricien dissimulant parmi ses instruments un pistolet chargé, ou encore le panneau « Drive Carefuly - Children at play » accroché à l’entrée du laboratoire où les médecins s’efforcent de maintenir en vie les bébés mutants. Bernard Herrmann ayant passé l’arme à gauche, c’est le compositeur Laurie Johnson, qui se charge ici de reprendre et de compléter la partition qu’il avait écrite pour Le Monstre est vivant. En 1987, Cohen réalisera une nouvelle séquelle, La Vengeance des Monstres.

 

© Gilles Penso
Thema:
ENFANTS