1978 - HULK REVIENT

(The Incredible Hulk Married)
de Kenneth Johnson (Etats-Unis)
avec Bill Bixby, Lou Ferrigno, Jack Colvin, Mariette Hartley, Brian Cutler, Diane Markoff, Duncan Gamble, Meeno Peluce


Lancée au début de l’année 1978, la série L’Incroyable Hulk connut un succès retentissant grâce au savoir-faire indéniable de son créateur Kenneth Johnson. Non content de trouver deux acteurs idéaux pour personnifier le docteur Banner et son alter-ego rugissant (Bill Bixby et Lou Ferrigno), il sut se réapproprier la création de Stan Lee et Jack Kirby pour y apposer sa propre sensibilité, calquant la structure de chaque épisode sur celle du Fugitif et limitant – pour des raisons budgétaires – les fameuses métamorphoses à deux seulement par épisode. Du coup, la série entra dans une certaine routine sans toutefois perdre son charme et son pouvoir attractif auprès des téléspectateurs. Pour marquer le début de la seconde saison, Johnson décida de réaliser un téléfilm d’une heure et demie qui, à l’instar de celui qui inaugura la série en 1977, fut exploité au cinéma en Europe.

Si l’affiche française de Hulk Revient, exagérément emphatique, nous montre une créature verte démesurée emportant sous son bras sa blonde dulcinée, il faut probablement y voir une allusion tardive au King Kong de John Guillermin, car le scénario s’intéresse ici beaucoup plus aux personnages humains qu’aux monstres. Certes, les allusions aux grands classiques sont toujours présentes (Banner cite le roman « Docteur Jekyll et Mister Hyde » de Stevenson, le thème musical de Hulk puise son inspiration dans celui composé par Franz Waxman pour La Fiancée de Frankenstein) mais ce second téléfilm opte surtout pour une approche réaliste, voire mélodramatique. Ici, le docteur Banner débarque à Hawaï pour rencontrer le docteur Carol Fields (Mariette Hartley), une psychiatre et hypnothérapeute à la renommée mondiale qui pourrait, selon lui, l’aider à dompter le monstre qui sommeille en lui. Mais l’éminente scientifique vient de cesser ses activités. Frappée d’un mal incurable, elle s’efforce de lutter contre la maladie tout en profitant de ses derniers jours. Banner lui propose alors de lui apporter son aide. Combinant leurs expertises scientifiques, les deux médecins finissent par tomber amoureux…

Très porté sur la symbolique, Hulk Revient accumule les visions métaphoriques : la maladie de Carol prend la forme d’Indiens encerclant une caravane de cowboys, Banner s’imagine dans le désert face à un Hulk impressionnant qu’il essaye de capturer en vain, un cauchemar funeste montre la psychiatre embarquer dans un autocar vide conduit par une silhouette noire encapuchonnée… La romance, qui constitue le cœur du récit, n’est pas toujours traitée avec finesse. Certes, lorsque Carol observe avec mélancolie un petit garçon qui joue sur la plage (l’enfant qu’elle n’aura jamais) et que David lui demande spontanément de l’épouser, la scène est d’autant plus touchante qu’elle est inattendue. Mais la suite bascule quelque peu dans la mièvrerie, sertie dans des effets visuels kitsch qui ont bien mal passé le cap des années, et la fin larmoyante nous renvoie illico à celle de L’Incroyable Hulk réalisé l’année précédente, confirmant que ce pauvre docteur Banner n’a décidément pas de chance avec les femmes…


© Gilles Penso
Thema: SUPER-HÉROS

BONUS : Un poster américain