1966 - SUPERARGO CONTRE DIABOLIKUS



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(Superargo contro Diabolikus)
de Nick Nostro (Mexique/Italie/Espagne)
avec Giovanni Cianfriglia, Gerhard Tichey, Monica Randall, Loredana Nusciak, Giulio Battiferri
 
Pur produit des sixties acidulées qui virent naître la mythique série TV Batman, Superargo contre Diabolikus se situe au confluent de plusieurs sources d’inspiration. Imaginez le catcheur mexicain Santo qui s’habillerait comme le Fantôme du Bengale et se lancerait dans une mission spéciale façon 007, et vous aurez une petite idée du patchwork que représente le film de Nick Nostro. Les cinq premières minutes du métrage racontent le combat de catch musclé entre le valeureux Superargo (qui ne quitte jamais son collant rouge et son masque noir, même dans les moments d’intimité avec sa petite amie) et son adversaire et ami El Tigre.
 
Hélas, ce dernier finit le combat les deux pieds devant, et notre lutteur écarlate, traumatisé, décide de quitter définitivement le ring. Demandant conseil au colonel Kinski, sous lequel il servit jadis pendant la guerre, et qui dirige désormais les Services Secrets du pays, Superargo accepte une mission très spéciale en guise de rédemption. Il s’agit de contrer le sinistre Diabolikus qui multiplie les actes de piraterie maritimes pour voler une importante quantité d’uranium et de mercure. Et voilà notre fier justicier masqué, au volant de son bolide blindé, lancé aux trousses du vilain et de ses sbires. L’absurdité du concept nous arrache fatalement quelques rires, car on imagine mal l’efficacité d’un tel agent spécial, aussi peu discret qu’un éléphant dans un magasin de porcelaines. Mais qu’importe ! Le visionnage d’un film qui s’appelle Superargo contre Diabolikus nécessite une sérieuse dose de suspension d’incrédulité.
 
Ce qui saute surtout aux yeux, c’est l’influence omniprésente de la saga James Bond sur cette production majoritairement italienne. Ce quasi-remake de  James Bond contre Docteur No  nous offre ainsi un super-vilain en costume rétro-futuriste  ayant installé sa base secrète sur une île isolée, un hangar des services secrets empli d’armes sophistiquées et de gadgets en tout genre, un combat sous-marin contre des hommes-grenouilles, l’incontournable explosion finale du repaire du méchant et une bande originale qui imite régulièrement le « 007 theme » de John Barry. Mais notre James Bond en collants ne se contente pas ici de marcher sur les traces de Sean Connery et d’imiter les faits et gestes de Santo. Il a des super-pouvoirs. Certes, il ne vole pas, pas plus qu’il ne lance des rayons par les yeux. Mais sa force et son endurance dépassent toutes les limites connues.
 
Capable de retenir sa respiration pendant sept minutes, doté d’un sang qui coagule à la vitesse grand V, insensible à la congélation ou à l’électrocution, il mérite sans détour le titre de super-héros. « L’organisme de Superargo est identique à celui de n’importe quel autre individu », nous explique Kinski, « mais sa conformation physique et son métabolisme sont si bien équilibrés que sa capacité de résistance est presque surhumaine. »  Epatant, non ? Gentiment distrayant mais truffé de clichés balourds et empêtré dans des péripéties mollassonnes, Superargo contre Diabolikus séduisit suffisamment le public pour avoir droit à une séquelle l’année suivante sous la direction de Paolo Bianchi : Superargo contre les Robots.
 
© Gilles Penso
 Thema: SUPER-HÉROS

BONUS : Le poster espagnol