1955 - KING DINOSAUR

 

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de Bert I. Gordon (Etats-Unis)
Avec Bill Bryant, Wanda Curtis, Douglas Henderson, Patricia Gallagher, Marvin Miller
 
Passionné de monstres géants en tout genres, Bert I. Gordon marque ses goûts pour le gigantisme dès son premier long-métrage, King Dinosaur, qui marche sur les traces du Monde Perdu et de King Kong tout en sacrifiant aux goûts science-fictionnels de ce milieu des années 50, le tout avec un budget des plus anémiques. Il faut dire que le producteur de l’aventure, Al Zimbalist, n’est pas du genre dépensier, l’une de ses œuvres phares étant le redoutable Robot Monster. Le tournage de King Dinosaur n’excéda donc pas la durée d’un week-end, ce qui est déjà un petit exploit en soi.
 
Tout commence par un bon quart d’heure de stock-shots scientifiques et militaires, commentés par la voix off sentencieuse de Marvin Miller nous apprenant qu’une nouvelle planète, baptisée Nova, s'insinue dans notre système solaire. Aussitôt, les autorités dépêchent une expédition afin de l'explorer. Quatre scientifiques - deux hommes et deux femmes - débarquent donc sur l'astre. Les comédiens sont tellement peu crédibles en savants et en astronautes qu’on n’essaie même pas d’y croire, d’autant que l’intrigue se concentre dès lors sur des relations amoureuses troublées et bardées de clichés. Il se trouve que l’air de la planète est tout à fait respirable, comme par hasard, et l’aventure prend dès lors les allures d’un Tarzan un peu fantaisiste, tourné en réalité dans une poignée de canyons californiens. Tout y est : les vautours, le lémurien (qui pousse des cris de chimpanzé !), le serpent (qui rugit comme un fauve !!), et même le combat entre un homme et un crocodile (empaillé) censé l’agresser sauvagement.
 
Un matin, notre petite expédition se retrouve nez à nez avec une guêpe géante, incrustée dans le décor via un trucage extrêmement maladroit. Mais le délire ne bat vraiment son plein que lorsque nos quatre explorateurs se rendent sur une île trônant au beau milieu d’un lac. Là, ils rencontrent le fameux « King Dinosaur », c’est-à-dire un iguane affublé d’une corne en plastique, que l’un des scientifiques prend en photo et identifie sans rire comme étant un Tyrannosaurus Rex… Le reptile se met alors à affronter un crocodile géant, en un combat repris quasiment plan par plan à Tumak fils de la Jungle. Les monstres et les acteurs sont rarement vus dans les mêmes plans, mais lorsqu’ils le sont, les rétro-projections qui donnent l’impression du gigantisme des deux sauriens sont plutôt réussies. Et Bert I. Gordon a au moins le mérite d’avoir tourné son propre combat de dinosaures au lieu d’emprunter sans vergogne les plans du film de Hal Roach, comme le firent moult séries B fauchées.
 
Après avoir vaincu le crocodile, ce bon vieux King Dinosaur s’en prend ensuite à un lézard géant, ce qui permet à nos héros de s’enfuir. Ils croisent alors furtivement d’autres étranges bestioles, comme un éléphant déguisé en mammouth, un tatou géant figurant probablement un quelconque dinosaure cuirassé, et même un troupeau de buffles. Alors, probablement lassés par cette faune un peu farfelue, nos héros placent une bombe atomique sur l’île et la font sauter en un gigantesque champignon (des stock-shots, toujours) qui clôt le film sur une note abrupte qui en laissera plus d’un perplexe.
 
 
© Gilles Penso 
Thema: DINOSAURES