dimanche 23 février 2014

1978 - ZOMBIE


Dawn of the Dead

De George A. Romero (Etats-Unis)
Avec David Emge, Ken Foree, Scott H. Reiniger, Gaylen Ross, David Crawford, David Early, Richard France, Tom Savini

Avec La Nuit des Morts-Vivants, on pensait que George Romero avait fait le tour de la question des zombies remis aux goûts du jour et modernisés. Or « La Nuit » n’était que le début, et en s’attaquant à « L’Aube », le cinéaste crée une suite/remake qui deviendra le film ultime sur les morts-vivants, la référence absolue en la matière. Les distributeurs européens ne s’y trompent guère, en le rebaptisant tout simplement Zombie. Ici, comme l’amorçait La Nuit des Morts-Vivants, les cadavres ressuscités ont envahi la terre et le monde bascule dans l'horreur. Fran, qui travaille pour la télévision, Stephen, pilote d'hélicoptère, Roger et Peter, policiers, décident de fuir loin de la ville. Malgré les attaques des morts-vivants, les quatre survivants parviennent à trouver refuge dans un centre commercial abandonné. La vie s'organise, parsemée de raids contre les zombies et de luttes pour assurer leur survie. Roger est un jour mordu par un zombie et il doit être abattu avant de devenir à son tour un mort-vivant. Bientôt, une horde de Hell's Angels pille le supermarché et Stephen subit les effets de la terrible mutation. Pourchassés par Stephen devenu zombie, Fran et Peter ne devront leur salut qu'à un hélicoptère providentiel…

Film d'action reposant surtout sur son rythme effréné, Zombie utilise l'horreur comme prétexte, le véritable dessein de l’œuvre étant une cinglante satire sociale. La société de consommation est banalisée (par le biais du supermarché dans lequel les héros peuvent disposer de tout ce qu'ils désirent) puis ridiculisée (par l'intermédiaire des zombies qui, en traînant sur les escaliers roulants, en se collant aux vitrines, en errant entre les rayons, sont des caricatures des humains et de leur instinct consumériste grégaire). Romero se moque de ses semblables et de leurs déambulations sans but, dénonce les répressions violentes de l'armée et de la police, condamne les politiciens et leurs projets aberrants (du style nourrir les morts-vivants jusqu'à ce qu'ils soient rassasiés ou faire exploser des bombes atomiques dans les villes où ils sont concentrés). Le rythme, d'une constance remarquable, sert magistralement le pamphlet social.

Après l’épouvante quasi-documentaire de
La Nuit des Morts-VivantsZombie change donc de style, affichant ici ouvertement les horreurs visuelles (têtes qui explosent, tournevis dans l’oreille, machette dans un crâne, amputations en tout genres). « Je voulais donner au film l’aspect d’un comic book », avoue Romero. « D’un point de vue stylistique, j’ai tenté de refléter un peu le type de cinéma qu’on faisait à cette époque. Voilà pourquoi il y a des couleurs éclatantes et brillantes comme dans les films d’action des seventies. » (1) Le film se distingue aussi par une structure narrative inhabituelle, relatant un épisode parmi d’autres d’une situation cauchemardesque qui s’est amorcée bien avant les premières images et s’avère loin d’être terminée après le dénouement. « Dans la plupart des films fantastiques, le monde est perturbé par un élément surnaturel, mais à la fin l’ordre est rétabli », conclue Romero. « Dans mes films, le désordre perdure jusqu’au bout, le problème existe toujours. » (2)


(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005
© Gilles Penso
Thema:
ZOMBIES

Saga: Les Zombies de George Romero


BONUS : George Romero dirige ses zombies


BONUS : Un poster alternatif



BONUS : La jaquette vidéo (thanks to Stéphane Jeannic)

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